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    May 28

    A la découverte de la Colombie Britannique, J7

     
    18/03 : après le réveil et le départ du B&B, retour dans le centre de Ucluelet. On avait découvert la veille au soir le village, on l'a retrouvé de jour, avec son port, sa plage Little Beach, son joli Wild Pacific Trail, et ses complexes en cours de construction et ses terrains à vendre près de Marine Drive. Céline a pris le volant jusqu'à Tofino. En chemin, nous avons traversé le Pacific Rim Park où apparaît le nom évocateur de Long Beach. Arrivée à Tofino et déjeuner au Schooner Restaurant. Nous sommes partis ensuite faire un tour d'observation des baleines dans le Pacifique. La balade de plus de 2h dans une vedette rapide nous a permis de voir des aigles chauves, des phoques et des lions de mer (qui puent fort, mais qui arrivent à se constituer des harems !). Comme baleines grises, nous avons surtout vu des panaches d'eau et des bouts de dos. Direction le nouveau B&B sous un ciel sec toute la journée. Accueil chaleureux de Steve et Crystal. Notre chambre est à l'étage, non loin de la pièce commune, qui donne en plein sur l'océan ! Dîner de poissons au Schooner Restaurant.
     
     
    De Ucluelet à Tofino
     
    Nous faisons un réveil tardif ce jour-là. Nous avions rendez-vous avant 9h à la salle commune du petit déjeuner, où les occupants des trois chambres peuvent se rencontrer. Personnellement, je m'attendais à ce que la propriétaire du B&B vienne nous réveiller pour le p'tit déj. Mais non ! Ursula nous a laissé dormir. Nous mangeons donc seuls. Même là-bas, il y a une boulangerie qui fabrique des croissants ! Un peu gras, mais pas mauvais. Lorsque nous montons payer la propriétaire, nous sentons alors qu'elle aurait effectivement préféré prendre le petit déjeuner avec nous : plus sympa apparemment, même pour elle. Nous apprenons qu'elle a logé au début des années 80 du côté de La Motte Picquet-Grenelle à Paris, soit le coin le plus vivant du XVème, pas si loin de chez moi. Tout ce que nous pouvons lui apprendre, c'est que la rue du Commerce a été refaite, et il est très agréable d'y flâner maintenant. Nous payons et nous retenons la leçon pour la prochaine fois : ce n'est pas parce que personne ne vient nous réveiller que nous sècherons un repas avec nos hôtes. C'est d'ailleurs stupide, puisque nous avons choisi quelques nuits en B&B spécialement pour avoir ce contact avec les gens qui accueillent.
     
    Nous revenons au centre de Ucluelet. Le village est charmant et paisible. Nous visitons un peu les plages, comme Little Beach, le petit port, moitié pêche moitié plaisance, et l'attrait n°1 du coin, le Wild Pacific Trail. Il s'agit d'un sentier de 8 km tracé le long du Pacifique pour apprécier la côte rocheuse, le petit phare et les vagues de l'océan. Récemment aménagé, il est destiné à attirer une partie des touristes se cantonnant habituellement à Tofino. Nous marchons sur une partie du sentier et savourons le timide soleil qui veut bien se montrer. Selon moi, le sentier mérite le détour, sans avoir besoin de le parcourir en entier. Vu l'heure, nous repartons en essayant de voir l'océan aussi longtemps que possible depuis la voiture. Ce faisant, nous traversons un quartier près de Marine Drive qui ne figure pas sur nos plans. Et pour cause : là où il y avait un petit marécage et des bois, le béton est apparu. Des routes, des lotissements, et de grands espaces découpés parfois en petits lots, destinés à la construction de maisons individuelles. Tout cela semble très récent et ne demande qu'à sortir de terre. Ucluelet paisible ? Pas dans ce coin pendant les prochains mois en tout cas. Tout pour l'urbanisme, et tant pis pour la nature !
     
    Encore un grand moment dans ce périple : je laisse le volant à ma copine. Autant dire que je risque gros sur ce coup. Comme le dit le proverbe : "femme au volant, mort au tournant" ! Et je ne suis pas macho. J'explique au mieux ce que j'ai compris de la boîte de vitesse automatique, et c'est parti, direction Tofino. Nous rejoignons le carrefour où sont reliées les deux routes menant à Ucluelet et à Tofino, nous snobons de nouveau l'office local des gardiens du parc, et nous continuons notre route. Nous entrons enfin vraiment dans le Pacific Rim Park, le parc national canadien donnant face à l'océan. Pendant des kilomètres, nous progressons au milieu de la forêt, sur une bande de terre assez étroite (cf. Google Maps), qui peut être soumise à des raz-de-marée. Nous repérons sur les bords de la route des parkings, d'où l'on démarre ses balades dans le parc, notamment sur Long Beach. Puis le parc se termine, et nous voyons apparaître les premiers complexes hôteliers ("resorts"). Ils sont situés hors du parc, mais donnent tous sur l'océan, en dépendance de la commune de Tofino. Tous sont construis avec beaucoup de bois : ce ne sont pas les hautes tours de béton de Miami, et du coup ces bâtiments se fondent assez bien dans le décor. Tous sont assez étendus, certains coûtent cher, d'autres coûtent la peau du cul. Ca va encore en cette période de basse saison, où les prix sont réduits pour attirer le maximum de visiteurs. Heureusement que les Canadiens adorent tracer des routes en ligne droite, puisque nous arrivons finalement "safe and sound" au centre de Tofino.
     
     
    Activités de l'après-midi à Tofino
     
    Sur place, nous déjeunons au Schooner Restaurant. C'est un restaurant réputé dans le coin, adossé à un petit motel. Là encore, nous prenons une leçon : les restaurants canadiens ont parfois deux cartes, une pour le midi et une pour le soir. J'attendais d'être bien sur l'île pour me lâcher au niveau poissons et produits de la mer. En fait, nous mangeons ce jour-là une sorte de sandwich au saumon sockeye, accompagné d'une salade verte. Qualitativement très fin et goûteux, mais tellement frugal. On se serait cru au C Restaurant ! Ce n'est pas faute d'avoir bien cherché sur la carte. Le choix n'était pas grand, les plats étaient soit trop coûteux, soit pas à notre goût, soit pas assez nourrissants. Nous nous sommes encore plantés : à méditer pour la suite. Il semble que les gens sur place mangent assez peu le midi, il faudra donc essayer de contourner cette habitude pour rester en forme tout au long de l'après-midi.
     
    Durant celle-ci, nous avons prévu de faire une balade d’observation des baleines sur le Pacifique. En fait, ces baleines grises, qui font à cette époque de l’année une migration entre le Mexique et l’Alaska, sont nommées fréquemment "gray whales", du nom du biologiste qui les a répertoriées pour la première fois. Nous avions réservé dès le matin pour obtenir notre place chez l’un des opérateurs de tourisme locaux. Au programme : habillement avec une combinaison intégrale isolante, montée à bord d’une vedette rapide pouvant embarquer une douzaine de personnes, et exploration du Clayoquot Sound (c'est-à-dire la lagune, le détroit de Clayoquot) et de l’océan à la recherche des baleines et des autres animaux sauvages. Dès le début, l’embarcation dans laquelle nous sommes démarre à plein tube ! Malgré les tenues isolantes, il ne fait pas très chaud. Après avoir fait le tour, je sais maintenant que les meilleures places sont devant et au milieu. Il faut éviter les places sur le côté, ce sont celles où on se ramasse le plus de flotte. Même si la vue est également meilleure.
     
    Le bateau rejoint l’océan. Relié par radio au central à terre et aux bateaux des autres compagnies, il pique assez vite sur deux baleines, maman baleine et petit baleineau. En fait de baleines, on ne voit pas grand chose : un bout de nageoire par ci, un bout de queue par là. Ce sont surtout les panaches d’eau que les baleines envoient qui attirent le plus l’attention. Pour voir une queue complète, ou encore mieux, les voir brécher hors de l’eau et retomber lourdement dedans comme Moby Dick, il faut être un sacré veinard ! Pour parer à cette frustration bien légitime des touristes, les compagnies diversifient les animaux à voir. Ainsi, notre bateau nous emmène à un îlot rocheux sur lequel est vautré tout un harem de lions de mer. C’est gros, c'est lourd, ça braille et … "Oh God, they are stinking !!". On voit également des loutres et/ou des otaries, je ne sais toujours pas exactement ce qu’on a vu. Des phoques de mer sont également au programme. A plusieurs endroits, le bateau s’arrête également pour que nous puissions observer des nids de "bald eagles". Littéralement "aigles chauves", ils s’agit de ces aigles à tête blanche, bec jaune et plumes brunes sur le reste du corps qui sont le symbole des USA. Je crois qu’on les nomme en français "pygargues à tête blanche". L’animal est beau et un peu mythique, et c’est un plaisir de le voir, même de loin. En rentrant au port au bout seulement de deux grosses heures, notre bateau ralentit soudain : un couple de pygargues est perché juste au-dessus de l’eau. Puis d’un coup, l’un d’eux s’envole : impressionnant !
     
    Maintenant que c’est fait, je suis un peu déçu. Je croyais fermement que nous verrions mieux les baleines. Ce n’est pas le nombre de baleines que nous avons vu qui m’a déçu (3), mais ce que nous en avons vu, à savoir trois fois rien (c’est le cas de le dire). En fait, si on part avec l’idée qu’on ne verra pas grand chose, et qu’on va visiter Tofino et ses environs en plein été (= on ne se gèle pas), je pense que là on ne peut pas être déçu. Il faut juste ne pas s’attendre à monts et merveilles. Une fois déharnachés, nous remontons nous réchauffer dans la voiture et roulons quelques centaines de mètres jusqu’à notre nouveau B&B, que nous occuperons deux nuits. Ce sera d’ailleurs nos deux nuits les plus chères de notre séjour, notamment parce qu’il n’y a pas de vrai prix réduit pour la basse saison dans celui-ci.
     
     
    Fin de journée tranquille
     
    Nous avons choisi l’un des plus beaux B&B que nous avons pu trouver sur Internet, avec en illustration une superbe vue sur l’océan. En arrivant sur place, nous voyons deux bâtiments. L’un donne directement sur l’océan, l’autre est plus en retrait. Nous nous demandons évidemment : "Où vont-ils nous loger ?". Nous sonnons : c’est Steve Ironside qui vient nous ouvrir. C’est un homme brun, la trentaine, très souriant, de ce sourire si particulier propre aux Nord-Américains, qui révèle de temps en temps des personnes un peu simplettes, même si ce n’est pas le cas de Steve. Il nous amène à l’étage et nous présente sa femme, Crystal Ironside, petite blonde qui porte également des lunettes. Puis, nous emmenant un peu à l’écart, Steve nous dit : "Venez, je vais vous montrer la vue". Il nous ramène devant une grande baie vitrée un peu plus loin et nous revoyons alors la vue du site Internet : spectaculaire ! Face aux vitres se trouve Wickaninnish Island, un îlot sans électricité que se partage une quinzaine de familles. Et derrière, c’est vraiment l’océan. La première terre possible est à 7500 km, et c’est le Japon. Si on ne va pas tout droit, on peut tomber éventuellement sur Hawaï, à "seulement" 1500 km … L'îlot cache une partie de l'océan, mais pas tout. Vivre avec cette vue tous les jours, ce doit être quelquechose. Bref ... Pour une fois qu’Internet n’a pas accouché d’une publicité mensongère !
     
    Nous sommes ravis de la vue, mais un peu inquiets. En même temps, nous pensons que les Ironside ont beaucoup misé sur cette vue pour accueillir les clients, et qu’ils vont nous loger maintenant ailleurs que dans ce bâtiment, qui est leur résidence principale après tout. En fait, Steve et Crystal logent au rez-de-chaussée, laissant leurs hôtes se partager le premier étage, où se trouvent trois chambres, la cuisine et le grand salon commun avec la belle vue. Et comme nous sommes les seuls clients à ce moment-là, à nous tout le premier étage ! Nous discutons ensuite avec eux : ce que nous avons fait aujourd’hui, ce que nous avons constaté à Ucluelet (ce qui me donne l’occasion d’avoir la totale approbation de Crystal sur le sujet, qui regrette que Ucluelet soit envahi par les constructions comme l’est déjà un peu Tofino), les restaurants où manger, les lieux à visiter demain. Ce sont eux qui nous expliquent les différences entre les cartes le midi et le soir. Quant aux visites dans le parc, ils nous apprennent qu’il n’y a pas besoin de billet pour la voiture lorsqu’on visite le parc du Pacifc Rim à cette époque de l’année.
     
    Après toutes ces informations, nous restons seuls en haut. Nous installons nos affaires et nous revenons admirer le grand salon salle à manger, avec toujours cette vue qui nous fascine malgré un soleil absent. Nous nous laissons aller dans les fauteuils en cuir noir un peu, et puis vu l’heure, nous repartons manger au village. Comme il n’y a pas 20 000 restaurants ouverts et que nous n’allons pas perdre notre temps, nous retournons au Schooner, conseillé par Steve and Crystal. Bonne pioche cette fois-ci : la carte est plus diversifiée, et le choix est grand en poissons. Hésitant entre plusieurs plats (dont le West Coast Seafood Hot Pot), nous craquons pour une assiette de produits de la mer (the Mates Plate, je crois). Nous ne sommes pas déçus : saumon, flétan, huîtres, crevettes et grosses coquilles St Jacques nous ravissent le palais et les yeux, le tout accompagné de bons petits légumes. Même si nous devons y mettre le prix, nous mangeons quelquechose de local et de frais. Délicieux ! Pour avoir plus d’infos sur la carte, il faut jeter un œil ici : c’est comme ça que j’ai retrouvé la composition exacte des plats. Lorsque nous rentrons repus à notre bed and breakfast, l’océan est noir et la seule vue intéressante est l’architecture intérieure de la maison. Celle du salon, en bois, très classe … et celle de notre chambre à coucher, que nous avons bien mérité de rejoindre pour dormir !
     
    May 23

    A la découverte de la Colombie Britannique, J6

     
    17/03 : départ du HI Central. On a pris le bus 250 sur Georgia St jusqu'à Horseshoe Bay. Ferry de la compagnie BC Ferries jusqu'à Nanaimo. Bus jusqu'à la fameuse agence Avis de Church Street que personne ne connaît ! Longues formalités administratives à remplir pour obtenir finalement un Chrysler PT Cruiser à boîte automatique ! Familiarisation avec la voiture et route jusqu'à Ucluelet. A partir du moment où on prend l'autoroute qui coupe l'île d'est en ouest, le trajet devient vraiment subtilement superbe. On est passé par le McMillan Park, Port Alberni, pour accéder au plus beau : une route quasiment de montagne, avec de nombreux virages, souvent humide, presque enneigée, avec des paysages magnifiques et deux lacs importants comme Sproat Lake et Kennedy Lake. Arrivée à Ucluelet dans un charmant B&B, séparé du village même par un bras de mer. La vue donne sur le village et l'inlet. Dîner au village où nous avons vu la victoire des Canucks.
     
     
    La première journée avec un grand déplacement, enfin ! Comme prévu ce samedi, nous quittons temporairement notre auberge de jeunesse pour commencer la grande aventure sur l'île de Vancouver. Habituellement méconnue, c'est un grand morceau de terre, de mémoire presque aussi grand que la Corse et la Sardaigne réunies. Donc ce n'est pas une île avec un unique palmier planté au milieu sur laquelle nous nous rendons, mais un espace très large, aux paysages très divers. Par contre, la population elle-même n'atteint pas les 500 000 habitants : c'est dire si à certains coins de l'île, la densité de population est faible ! Gros sac à dos avec toutes nos affaires sur nous, on se motive pour partir tôt, on remonte Granville Street et on attend le bus pour quitter la ville. A côté de l'arrêt se trouve "The Bay", l'autre grande chaîne de magasins typiquement canadienne. Créée en 1610 et anciennement connue sous le nom de la "Compagnie de la baie d'Hudson" (cf. vos cours de géographie canadienne), c'était au départ une "entreprise" de négoce qui établissait des comptoirs (sortes de magasins de l'époque) à travers le pays qui était encore le domaine des "Premières Nations". De fil en aiguille, les comptoirs se sont développés, et on y négociait notamment les peaux et tous les autres produits qui intéressaient les Européens. Dans les décennies passées, la Compagnie s'est restructurée en vendant la plupart de ses magasins pour ne garder que les principaux, au cœur des grandes villes, pour poursuivre une activité commerciale qui s'est évidemment modernisée !
     
    Juste le temps de prendre quelques photos extérieures que le bus 250 arrive. Plus lent que le 257, il met une heure à rejoindre l'embarcadère des ferries en passant par "les champs". En fait, comme le bus pour Whistler, il traverse le Stanley Park, le Lions Gate Bridge, puis North et West Vancouver. Mais il n'emprunte pas la voie rapide. Et l'on passe ainsi de quartiers isolés en quartiers isolés le long de la côte, en voyant parfois l'océan lorsque la forêt ne nous le masque pas. C'est un peu une route de rallye, mais le chauffeur s'en sort bien et nous lâche à Horseshoe Bay, baie effectivement en forme de fer à cheval. De là partent de nombreux ferries de la compagnie BC Ferries (BC pour British Columbia) : certains que nous avons vus slalomer le long de la côte en allant à Whistler, d'autres vers Bowen Island, et d'autres vers Nanaimo, la deuxième ville de l'île de Vancouver où nous voulons aller. Après avoir acheté de quoi manger, nous montons à bord d'un gros ferry, très bien entretenu ... sous la pluie, bien entendu ! Il y a de l'affluence avant le départ, nous ne serons pas les seuls à bord. On s'installe tranquillou à l'avant, et on se laisse porter pendant 1h30 ... Juste le temps de prendre l'air sur le pont supérieur, pour constater que le sale temps nous suit jusqu'à Nanaimo.
     
    Sous la pluie, la ville ne présente pas trop d'intérêt. Notre seul but : trouver l'agence de location Avis du coin et nous barrer au plus vite, d'autant qu'il est 14h passées. Nous avions prévu au cas où d'y aller à pied, mais 3 km à pied sous la pluie, ça le fait pas trop ! Le réseau de bus local n'est pas très dense, et nous devons nous débrouiller avec la seule ligne qui passe par le terminal des ferries. Montée à bord (ouf, on a le compte juste pour obtenir notre billet), et prise de contact avec la conductrice : "Do you know Church Street ?". D'après le plan imprimé sur Google Maps, la rue est censée être petite et perdue dans un quartier du centre. Elle ne sait pas. Elle interroge sa centrale par radio : ils ont l'air à peine plus au courant. Finalement, elle nous lâche près d'un Wendy's en nous indiquant de traverser un pont un peu plus loin. Chemin faisant, nous rencontrons deux-trois païens à qui nous renouvelons notre question : pas la moindre idée ! Peut-être insistons-nous trop sur l'agence Avis que sur la rue où elle se trouve. Toujours est-il que nous trouvons Church Street nous-mêmes. D'évidence, l'église qui se trouve dans la rue ne doit pas être fréquentée par les paroissiens du coin !! Que personne ne connaisse, c'est grave ! Nous passons encore 5 minutes dans la rue à chercher le numéro 12, avant de nous rappeler que l'agence Avis est en fait située au rez-de-chaussée d'un hôtel Best Western : y'a pas de petites économies, moi j'vous l'dis !!
     
    Enfin arrivés ! Nous sortons tous nos papiers pré-imprimés pour la location de la voiture. Si la question "pourquoi avoir choisi Avis ?" vous vient à l'esprit, sachez que nous avons longtemps hésité, notamment entre des petites compagnies (au nom rustique comme "Rent-A-Wreck"), ou bien des compagnies sur Internet. Mais les grandes compagnies ne sont pas mortes, à partir du moment où la ville de départ et d'arrivée est la même. Et en allant sur Avis.fr, nous entrions pile poil dans les conditions pour bénéficier d'une offre spéciale pour la location d'une voiture au Canada pendant la période indiquée, avec l'assurance tous risques (LDW) gratuite. Arrive le représentant local d'Avis, un quinquagénaire un peu rubicond de taille moyenne, dont la coiffure est au croisement de celles de PPDA et d'Orlando. Quelle histoire ça a été pour se faire comprendre réciproquement, pour qu'il capte qu'on avait déjà payé une bonne partie de la somme par Internet, qu'on n'avait plus que les taxes locales à régler, et qu'on voulait aussi un conducteur supplémentaire. Passons. Nous avions payé pour le plus petit modèle possible, une Asiatique (Toyota, Hyunday ou autre) ou une Américaine (Pontiac). Ne voilà-t-il pas qu'il nous annonce que l'on aura une "free upgrade" et que notre voiture sera ... un Chrysler PT Cruiser ! J'accuse le coup : j'espérais qu'au moins au pays voisin de l'oncle Sam, on aurait un modèle original, et non un modèle bien connu en Europe.
     
     
    Mais je me trompais : cette voiture sera une découverte pour moi, puisque ce sera ma première voiture à boîte automatique ! On sort : de l'extérieur, la machine est aussi hideuse que chez nous. Mais c'est vrai qu'elle est clean, et que l'intérieur nous promet des voyages confortables. Un instant, le bonhomme s'inquiète de là où nous allons. On le rassure d'un petit "On ne quitte pas la route". Ready, steady, go ! Nous embarquons les sacs à l'arrière et grimpons dedans. Après quelques explications du gus, je teste la machine sur le parking. De mémoire, la boîte se présente ainsi : un manche qui coulisse de haut en bas, avec les inscriptions P, R, N, D, 3, 1. Je peux me tromper dans l'ordre ... P, c'est Park. Avec cette vitesse, les freins s'enclenchent automatiquement : on ne devrait même pas avoir besoin du frein à main pour se garer sans peur de bouger. Indispensable à passer avant de retirer la clé du démarreur. R, c'est Rear, la marche arrière. N, c'est Null, le point mort. D, c'est Drive, la marche avant. Voilà un vrai progrès pour les fainéants ! Une fois cette vitesse passée, la voiture avance légèrement. Il n'y a qu'à enfoncer l'accélérateur franchement pour partir. Aux feux, il suffit de maintenir la pédale de frein pour s'immobiliser. Autre avantage : les démarrages en côte. A l'arrêt en pente, aucun besoin de changer de vitesse (on laisse D), ni de mettre le frein à main, ni d'appuyer sur l'une des pédales : la voiture est immobilisée et il suffira d'accélérer pour repartir. Le pied ! Même plus besoin de la jambe gauche. Le seul ennui là-bas, c'est qu'il ne faut pas apprendre à utiliser une jambe pour le frein et l'autre pour l'accélérateur. Sinon, je ne raconte pas le bordel si on les utilise en même temps ! 3 et 1, ce sont des vitesses pour donner un peu de gaz si nécessaire à vive ou faible allure. Finalement, après tout ça, je sors du parking. Un coup d'œil sur la route, et on est parti !
     
    Grâce à tous les itinéraires que nous nous sommes imprimés, nous sortons vite de Nanaimo pour trouver la voie rapide que l'on cherchait. Nous remontons rapidement vers le nord par l'autoroute qui relie le nord au sud de l'île. Puis nous partons sur l'autoroute est-ouest à hauteur de Port Alberni. La route y est moins large, nettement moins monotone, mais toujours très bien entretenue. Les forêts épaisses apparaissent autour de nous. Nous passons au milieu de parcs, comme le McMillan Provincial Park, coupé en deux par la route. Nous replongeons temporairement dans le monde civilisé en arrivant à Port Alberni. On passe ensuite dans des lieux encore plus sauvages, encore plus préservés. C'est ça l'intérêt de visiter "the Island" : elle a été épargnée au cours du temps par ses habitants, et ses côtes notamment ne sont pas encore complètement bétonnées. C'est un peu une route de montagne que nous suivons maintenant, tortueuse et tracée pour éviter les parois rocheuses et les plans d'eau un peu partout : si la Finlande est le pays des mille lacs, que dire alors du Canada ? Le climat toujours un peu humide du coin nous vaut de voir des forêts bien vertes à perte de vue, sur des terrains plats ou des versants de montagne. L'île n'est pas plane, même si nous roulons vers sa côte ouest. Nous longeons sur notre trajet Sproat Lake (près duquel nous faisons une pause photo) et Kennedy Lake. Vu leur étendue, on croirait des mers intérieures. A quelques kilomètres d'intervalle, on a presque deux lacs Léman ...
     
    La route s'aplanit enfin, et nous arrivons à un carrefour. D'un côté Ucluelet, de l'autre Tofino. Avant d'accéder à l'un ou à l'autre village, nous allons forcément rouler dans le parc national du Pacific Rim, but de notre promenade. Petite pause sur place pour aller voir le bureau du parc. Les guides touristiques ne le mentionnent pas, mais pour accéder à la plupart des parcs nationaux au Canada, il faut s'acquitter d'une taxe journalière par personne, destinée à financer l'entretien des parcs. Vu l'heure, l'office est fermé, et nous n'avons pas spécialement envie d'acheter des billets à l'automate vieillot qui se trouve dehors. Nous quittons le carrefour vers Ucluelet, où nous avons réservé notre nuit. Mais au lieu d'aller jusqu'au village même, nous quittons la route principale en tournant à gauche, dans Port Albion Road (bien visible sur Google Maps). Cette route seule fait plusieurs kilomètres et dessert pas mal de maisons isolées. Nous rejoignons enfin le 1400 et des poussières Port Albion Road et gagnons le droit de nous étirer les membres après ce long voyage. Notre B&B est situé au bord de l'eau. Nous voyons de là-bas le village d'Ucluelet dans la nuit, qui est séparé du B&B et de la partie "Port Albion Road" par un bras de mer, un "inlet". La propriétaire, une Californienne quinquagénaire, nous accueille bien et nous montre notre chambre qui donne sur l'inlet, avant de s'éclipser pour aller au Festival de la Baleine Grise ... Pas très rassurés par les inscriptions aux alentours relatives aux ours, nous déposons nos affaires avant de repartir manger. La vérité, nous la saurons le lendemain : des ours viennent parfois près de la maison d'ursula lorsqu'ils sont réveillés. Mais à cette période, ils finissaient leur hibernation, d'autant que le temps était un peu en retard.
     
    Nous partons vers le centre-ville d'Ucluelet, que nous traversons entièrement, visitant et espérant aussi trouver "the" restaurant. Finalement, nous entrons dans un bistrot local avec des banquettes en cuir rouge. Quelques personnes du village sont là, mangeant et se reposant de leur journée, et donnant un vrai contraste avec le vide intégral que nous avons vu dans les rues, alors qu'il n'est pourtant pas si tard. Il est vrai que les Canadiens mangent tôt et rentrent tôt. Nous avons la chance de pouvoir manger et j'en profite pour me rassasier d'un double halibut fish and chips ! Tout en mangeant, tous les passionnés ont évidemment un œil sur le poste de télé où les Canucks de Vancouver défient l'équipe de Nashville au BC Place Stadium. Malgré un classement moins bon, les Vancouvérites ne tardent pas à remettre à leur place les Yankees, provoquant une joie certaine mais contenue des autochtones autour de nous. Nous rentrons à notre petite chambre sans renverser d'ours. Elle est très simple, mais aménagée avec goût. Surtout la salle de bains privée est très propre. Pour 50$ canadiens la nuit, ça vaut le coup. D'autant que le prix de la chambre passe à 90$ en haute saison ! Tandis que Céline est déjà bien partie aux pays des rêves, je finis de rédiger mon petit résumé avant de me coucher, fatigué mais satisfait d'être rendus entiers et sans problème.
     
    May 21

    Federer prend une première revanche sur Nadal


    Avec un bilan de 0 victoire et 5 défaites avant ce dimanche, Roger Federer pouvait dire que Rafael Nadal était sa bête noire sur terre battue. Hier pourtant, le Suisse numéro 1 mondial a brisé ce triste record en battant le Majorquin. Federer avait précédemment perdu en demi-finale, puis finale à Roland Garros, deux fois en finale à Monte Carlo, et une fois en finale à Rome. Autant de titres du Grand Chelem et de Masters Series qui étaient tombés ensuite dans l'escarcelle de Nadal.

    Mais hier au Masters Series de Hambourg, où le Suisse s'était imposé en 2002, 2004 et 2005, ce dernier a réussi à faire valoir son rang de n°1. Mené 2-6 1-1 et avec deux balles de break à sauver, Federer a su revenir au score et continuer à jouer un jeu aggressif, venant au filet régulièrement et abrégant les points pour ne pas s'embarquer dans de longs bras de fer, pour s'imposer finalement 2-6 6-2 6-0 ! Une victoire peut-être facilitée par la fatigue de Nadal, mais dont ne s'est pas servie l'Espagnol pour expliquer sa défaite.

    Il n'empêche que celle-ci lui fait mal. Nadal aurait pu devenir le premier joueur à remporter Monte Carlo, Rome et Hambourg la même année, soit les trois Masters Series sur terre battue. Le voilà défait, et ayant toujours le tournoi allemand à gagner. Et en plus, voilà sa série de 81 victoires consécutives sur terre battue cassée ! Peut-être aussi que cette pression constante de la série ininterrompue a épuisé l'Ibère. Maintenant qu'elle est finie, on va bien voir comment il va réagir à Roland Garros, qui commence dimanche 27 mai : ou bien il va rebondir pus fort, ou bien cette série terminée va lui peser plus lourd qu'on ne le croit, et qu'il va s'effondrer prématurément à la Porte d'Auteuil.

    On va verra bien à Roland Garros si Nadal fera autant de fautes directes, et si Federer pourra enchaîner les points gagnants en faisant moins de fautes que Nadal comme hier. Si Nadal sera au moins un peu affecté, voilà une victoire qui va mettre beaucoup de baume au cœur du Suisse, qui malgré des performances en dents de scie (pour lui) et le licenciement de son entraîneur Tony Roche, est revenu à point avant le début de Roland Garros, seul tournoi du Grand Chelem manquant à son palmarès.


    http://www.atptennis.com/en/news/2007/hamburg_sunday.asp
    May 20

    Ottawa en finale de la NHL !

     
    Pour la première fois de son histoire, et après 10 ans d'essais infructueux en play offs, l'équipe des Sénateurs d'Ottawa a réussi à remporter la finale de la Conférence Est en battant en cinq matchs (4-1) les Sabres de Buffalo. Les Sabres étaient pourtant la meilleure équipe de la saison régulière, mais n'ont rien pu face à la détermination des Canadiens. C'est le capitaine Daniel Alfredsson, depuis 10 ans dans l'équipe, qui a conclu la série en marquant le but décisif en prolongation.
     
    Ottawa jouera donc pour remporter la Stanley Cup contre le champion de l'Ouest, soit Detroit, soit Anaheim, à égalité 2-2. Un premier titre pour la franchise canadienne est attendu. Go Sens go !!!
     
     
     
    May 18

    A la découverte de la Colombie Britannique, J5


    16/03 : retour de la pluie. SkyTrain de Granville Street jusqu'à Science Expo, pour rejoindre la gare. Train assez petit, mais plaisant. On a pris le bus Greyhound pour Whistler. Depuis le Lions Gate Bridge, superbe vue sur la ville. Vue magnifique sur la côte entre Horseshoe Bay et Squamish. La neige est apparue ensuite. Arrivée à Whistler. Malheureusement, pas beaucoup de possibilités de faire de la moto-neige en début d'après-midi. Déjeuner et balade sous la pluie. Retour en bus. Retour à Canada Place et Coal Harbour Seawalk. Sur le chemin de l'hôtel, on est monté au Cloud Nine Lounge. Changement d'habits et Céline m'invite au C restaurant sur la Seabreeze Walk, face à Granville Island. Au menu, assiettes allégées de saumon sockeye et de coquilles St Jacques. En dessert, quelques biscuits Décadents. Merci Cé !
     
     
    Nous devions aller à Whistler au cours de nos premiers jours sur Vancouver. Nous avons placé cette visite finalement ce vendredi 16 mars, avant de poursuivre notre route vers d'autres lieux. Whistler, je le précise, est la plus grande station de sports d'hiver d'Amérique du Nord. Enfin, c'est ce qu'ils prétendent. Mais visiblement, avec l'étendue du domaine skiable, le nombre de pistes et le nombre de remonte-pentes, c'est bien le cas. Et cette station est située au Canada, à deux heures de route de Vancouver en allant vers les Rocheuses canadiennes. C'est là également que se dérouleront les prochaines Jeux Olympiques d'hiver en 2010.
     
    Le temps, qui a varié du soleil à la pluie, repasse à cette dernière. Comparativement à 2006, il semble que nous ne soyons pas gâtés par ce mois de mars. Encore maintenant, l'impression d'un "trop de pluie subie" demeure chez moi, même si je suis content de notre périple. Comme deux jours auparavant, nous devions rejoindre le BC Place Stadium, le contourner et courir jusqu'à la Pacific Central Station, d'où partent les trains et les bus de la ville. Mais le petit déjeuner dans la salle commune de l'auberge de jeunesse a été trop long ! Trop affamés ou pas assez en appétit pour manger vite les gâteaux locaux, nous nous retrouvons à la bourre. Nous remontons donc encore une fois dans Granville Street pour attraper au vol le SkyTrain. Il s'agit du nom du métro local qui roule longtemps en extérieur sur un rail surélevé, d'où son nom. Franchement, je suis déçu : il est encore plus rikikiki que notre métro parisien, et en plus il n'y a que deux rames par train. Pour couronner le tout, il n'y a que deux lignes ! Mais heureusement, il avance bien, et nous pouvons avoir à l'heure prévue notre bus Greyhound Canada pour Whistler ("siffleur" en français).
     
    Le bus traverse d'abord toute la ville d'est en ouest, et passe en plein milieu du Stanley Park, et roule sur le Lions Gate Bridge. La vue depuis le pont, alors dégagée, vaut vraiment le coup. C'est là que l'on peut faire les plus belles photos avec le vert du parc, le bleu-gris de l'eau, les vitres multicolores et les buildings du nord de la ville. Ensuite, le bus passe au-dessus de North Vancouver et de West Vancouver. On voit notamment des quartiers entiers sous la voie rapide, nichés au bord de l'eau : des coins très chics et pas donnés à mon avis ! Puis on passe au-dessus de Horseshoe Bay, petit coin tranquille d'où partent quelques ferries. La route baptisée "Sea To Sky" se poursuit, se rétrécissant et se rapprochant toujours plus de l'eau. Malgré le ciel gris et bas, c'est jusqu'à Squamish une route magnifique d'où, malgré l'allure folle du bus, nous pouvons admirer le Pacifique. On voit tout près de la côte de nombreux îlots boisés et pointus, parfois dont le sommet est perdu dans une bande de nuages, qui s'étirent ce jour-là un peu partout. Et tout ça au milieu d'un océan clair et paisible. De temps en temps, des maisons ou des villas apparaissent, véritablement coincées entre la route et l'eau : quelle tranquillité ! Je ne peux pas décrire plus que ça, il faut le voir, même si ça n'impressionnera pas tout le monde. C'est une route quasi obligatoire si on relie Calgary à Vancouver par les Rocheuses. De Squamish (connue pour ses chutes d'eau) à Whistler, la route redevient normale, enneigée en mars, et sans charme.
     

    Nous arrivons finalement à bon port et dans les temps. Whistler nous apparaît comme un petite station calme, avec ses chalets bigarrés : apparemment une tradition pour les stations nord-américaines ! Il est l'heure de manger, aussi nous nous attablons dans une sorte de brasserie avec un décor intérieur d'un genre usine, très classe. Une blonde québécoise nous sert ... un gros steak, car à part ça, les pizzas et les pâtes, il y a bien peu de choix au Canada ! Je ne veux pas être méchant, mais bon ... En mangeant, nous consultons les brochures que nous avons récupérées juste avant à l'office de tourisme local. J'aimerais faire de la moto-neige (snowmobiling) et je cherche les différentes possibilités. Hélas, bien que nous ayons pris un bus pas trop tard et mangé normalement, les horaires des groupes de débutants en moto-neige sont plutôt en matinée ou en tout début d'après-midi. Tant pis donc ! La prochaine fois, je me renseignerai plus tôt et si un jour on sait mieux manier la moto-neige, on se tapera les parcours de nuit, avec raclette au dîner dans un refuge de montagne. Je me demande quel goût le fromage a dans l'ouest canadien ... Beuhhheuhh !!
     
    Nous en sommes quittes pour l'heure à jouer les piétons dans les rues de Whistler. Nous restons sages, sans trop jouer avec les tas de neige ... Nous entrons dans un autre bureau de promotion du tourisme, et nous nous rendons compte que comme vu le site Web de la station, les possibilités d'occupation sont multiples à Whistler ... A condition d'avoir du temps, et parfois des gros moyens, notamment lorsqu'on veut se payer un tour en hélicoptère en haut des cimes pour pouvoir être déposé et tout dévaler sur un snowboard ! Nous rentrons donc, en nous disant qu'on aura toujours de quoi faire à Vancouver. Le bus a la bonne idée de s'arrêter en pleine ville, sur West Georgia Street. De là, Starbucks (un de plus !), Canada Place et Coal Harbour Seawalk à nouveau sous un temps gris. Nous en profitons pour nous renseigner à l'accueil du rutilant hôtel qu'abrite Canada Place à propos du Harbour Lynx, une navette pour piétons uniquement qui relierait Vancouver à Nanaimo. Dépôt de bilan, nous informe-t-on. Nous serons bons pour utiliser la compagnie BC Ferries demain.
     
    En regagnant à pied l'hôtel, nous passons près de l'Hôtel Landmark, où le dernier étage est un restaurant et un salon de thé tournant, le Cloud Nine Lounge. Nous montons au 42ème étage et remarquons effectivement que la vue vaut le coup ... Mais pas le temps de se poser. Retour à l'hôtel, changement de vêtements, et zou ! Céline m'invite pour son anniversaire dans un restaurant chic de la ville, le C Restaurant. Il est situé tout au sud de West End, sur la Seabreeze Walk, face à Granville Island. Nous voyons d'ailleurs l'île et le marché public de notre place. Le restaurant est rempli de mondains (et au moins d'une demi-mondaine), à tel point que nous en sommes gênés un petit moment. Les serveurs sont impeccables, et à chaque plat qu'on nous sert, le chef de rang vient nous décrire in English ce qui vient de nous arriver. Nous voulions manger des produits de la mer : c'était le bon lieu, puisque 80% de la carte au moins était dédiée à ça. Je découvre enfin le fameux saumon sockeye, le saumon très rouge réputé dans le coin, et Céline craque pour les coquilles St Jacques locales. Le tout accompagné d'une eau pétillante ... jusque sur l'addition ! Franchement, nous avons bien mangé ... en qualité. Pour des grands comme nous, la quantité ne sera jamais au rendez-vous dans ce type de restaurant. Whatever ... Je me charge d'équilibrer mon menu fin et diététique par des biscuits Décadents au dessert. Merci Céline de ce bon repas gourmet !
     
    May 14

    Estoril, Rome, WTA Berlin et Hambourg

     
    Petit récapitulatif des tournois des dernières semaines et des résultats des joueurs.
     
     
    A Estoril, Paul-Henri Mathieu se présentait avec 5 victoires de rang en poche, glanées à Casablanca sur terre battue. Le Français a démarré très fort le tournoi, battant le numéro 5 mondial Fernando Gonzalez d'entrée en deux sets. Puis il remportait deux victoires de plus face à des adversaires plus modestes que lui, mais contre lesquels il a eu le mérite de ne pas se désunir. Malheureusement ennuyé à une cheville, il a dû abandonner en demi-finale contre Richard Gasquet. Il a également déclaré forfait pour le Masters Series de Rome. Heureusement rétabli pour le Masters Series de Hambourg, il a signé son retour par une victoire contre Olivier Rochus. Il retrouvera Gonzalez au second tour.
     
    Pendant ce temps-là, Richard Gasquet a donc atteint la finale d'Estoril. Confiant avant d'affronter Novak Djokovic, retombé au 6ème rang mondial et qui l'avait battu 7-6 1-6 6-1 lors de leur unique confrontation à Madrid, le Français a récidivé ! Après un premier set serré, que le Serbe a remporté au tie break, ce dernier a connu un coup de bambou que Gasquet a exploité immédiatement. Mais lorsque Djokovic est revenu avec de meilleures intentions au troisième set, Gasquet n'a plus existé ... Victoire Djokovic, 7-6 0-6 6-1. Voilà qui a peut-être ouvert les yeux de Gasquet sur le niveau d'un membre du Top 10 d'un an son cadet ...
    A Rome, le Français a bien démarré, et victime de ses maladresses, il a chuté contre l'Italien Filippo Volandri au second tour. Lequel Volandri a ensuite éliminé Roger Federer lui-même et Tomas Berdych. Pas de quoi angoisser pour Richard donc : Volandri était dans une très bonne semaine. Quant à l'ami Rodgeur, on pourrait dire que rien ne va plus ! Il a perdu sur ce coup des points au classement ATP, et son moral a dû en prendre un coup aussi. Déjà incapable de batte Nadal sur terre battue, voilà t-il pas qu'il perd contre d'autres ! Son entraîneur Tony Roche a fait les frais de son démarrage en pointillés sur terre battue.
     
    A part ça, Rafael Nadal continue de surfer sur terre battue, merci ! L'Espagnol a remporté tous ses matches sur terre battue en 2007, comme en 2006. Il s'est adjugé le tournoi de Rome pour la troisième fois de suite, un record. Malgré une chaude alerte contre Nikolay Davydenko, le numéro 4 mondial, en demi-finale (victoire en plus de 3h30 !), le Majorquin a ensuite déroulé en finale 6-2 6-2 contre Gonzalez. Cela lui fait 77 victoires d'affilée sur terre battue ... Un extraterrestre !! Il jouera cette semaine à Hambourg, tout comme Federer, alors que les deux avaient fait l'impasse l'année dernière.
     
     
    Ana Ivanovic
    ©Action Images/Reuters
    Cela va décidément bien pour le tennis serbe. Ma joueuse préférée, la petite Ana Ivanovic, qui avait fait fondre la France du tennis en 2005 après sa médiatique victoire sur Amélie Mauresmo à Roland Garros, vient de remporter son troisième titre. Mais pas des moindres ! Il s'agit d'un tournoi Tier I, à Berlin, la catégorie de tournoi la plus élevée sur le circuit féminin (WTA) après les quatre tournois du Grand Chelem.
     
    Après sa victoire en 2006 à Montréal en Tier I, voilà un deuxième trophée du même ordre, cette fois sur terre battue. Ce qui fera de la petite Ana une joueuse à surveiller dans deux semaines à la Porte d'Auteuil. Elle entre du même coup à la 8ème place mondiale ce lundi.
     
    En attendant, elle a reçu une jolie dot suite à cette victoire, ce qui ne la rend que plus attirante l'année de ses 20 ans. Oh Anaaaaaaa !

    Sochaux vainqueur de la Coupe de France

     
    70 ans après leur dernier trophée, les Francs-Comtois de Sochaux-Montbéliar ont remporté la Coupe de France de football ce samedi. Sans aucune star, mais avec beaucoup d'humilité et d'abnégation, ils ont remporté la finale après avoir toujours couru derrière le score. A l'arrivée, deux buts pour revenir à égalité avec l'Olympique de Marseille (1-1 à la fin du temps réglementaire, 2-2 après prolongations), avant une victoire finale aux tirs aux buts (5 à 4).
     
    Grand coup de chapeau à ces joueurs donc, eux dont on entend bien peu parler dans les média malgré leurs qualités, eux les modestes qui sont bien moins à la une que les prétentieux et arrogants Marseillais, eux qui ont bien mérité leur titre. Je suis prêt à parier que devant leur écran de télé, les gens les ont bien plus soutenus que les Phocéens n'ont pu l'être. Bravo !!
     
    May 13

    A la découverte de la Colombie Britannique, J4

     
    15/03 : après un lever tardif, direction Waterfront Station pour prendre le Seabus sous un ciel assez dégagé et sec. Déjeuner à Lonsdale Quay. Bus vers Lynn Canyon Park pour voir le pont suspendu. Visite des alentours, notamment des chutes, avec une petite balade. Retour vers Vancouver Nord et nouveau bus vers Grouse Mountain. Après la montée en téléphérique, le temps s'est obscurci. Quelques photos et un chocolat chaud dans le restaurant en haut. Retour vers Vancouver, où le Seabus offre une vue magnifique de la ville dans la nuit. Dîner dans un japonais, où les plats flottent sur une rivière, avec une expatriée.
     
     
    Ayant prévu de ne rester que quelques jours à Vancouver, et ayant déjà bien exploré la ville, nous avons décidé de partir à la découverte des environs immédiats de Vancouver ce jeudi-là, et notamment la "banlieue" nord de la ville, North Vancouver. Initialement, nous devions y passer l'après-midi, après avoir pris notre matinée pour la découverte de Bowen Island. Cette île, au nord-ouest de la ville est en effet réputée pour son charme et les magnifiques maisons des riches Vancouvérites (comme les hockeyeurs) qui peuvent y séjourner. Mais préférant apprécier à fond les paysages plutôt que faire de la marche forcée, nous nous sommes roulés en boule dans le lit ce matin-là, ne décollant que fort tard après une grasse matinée. Eh oui, les vacances, ce n'est pas que découvrir ou admirer, c'est aussi doooormir !
     
    Nous remontons une fois de plus vers le nord, un peu comme si nous allions à Canada Place, mais nous allons en fait à Waterfront Station, pôle de transport au bord de l'eau (d'où le nom). De là part le Seabus, sorte de gros aéroglisseur, qui peut transporter un nombre impressionnant de voyageurs jusqu'à North Vancouver, de l'autre côté du bras de mer qui sépare le nord et le centre-ville. Au moment d'embarquer, une jeune femme fausse blonde à lunettes se tourne vers nous et lâche avec émotion : "Oh, que ça fait du bien d'entendre parler français !". Nous comprenons qu'elle est ici depuis quelques mois, et qu'ayant subi le mauvais temps (pluie) au pire moment de l'année (janvier-février), ça lui fait plaisir de réentendre sa langue natale ... d'autant qu'elle est venue à Vancouver apprendre l'anglais, et que ce n'est pas encore ça selon elle !
     
    Ne voulant apparemment pas nous déranger, elle ne se colle pas à nous et nous nous asseyons séparément dans le seabus. Pour un peu, on en aurait eu mal pour elle, de voir cette compatriote, se démener seule à l'étranger, sans chercher à rencontrer d'autres expatriés. Mais après tout, c'est elle qui a fait ce choix, et de plus, elle est venue avec son copain. Donc nous nous quittons d'un petit au revoir sans regret à la fin de la traversée. Nous sommes alors à Lonsdale Quay peu après midi. C'est une espèce de centre commercial dans lequel il y a un tas de petits stands où on peut acheter différents types de cuisines (asiatique, mexicaine, italienne, grecque, fast food, etc ...) qu'on emporte. On s'asseoit ensuite dans un espace plein de tables et de chaises pour déguster. Nous profitons de l'occasion pour tester deux variétés de plats : pour Céline, une assiette de viande et de chop suey (légumes variés), et pour moi, halibut fish & chips chez Montgomery's ! Mon stand ne fait que du fish and chips, en clair du poisson frit avec des frites, mais on pouvait choisir son poisson : délaissant le cod (cabillaud) et le red snapper (vivaneau rouge, merci à l'Office québécois de la langue française), j'ai choisi par snobisme le plus cher, le halibut (flétan). Pas déçu de mon choix : tout le monde devrait avoir mangé du fish & chips dans sa vie !
     
     
    Manger à Lonsdale Quay, ce n'est pas seulement un plaisir, c'est parfois aussi une obligation, pour patienter. En effet, de nombreux bus partent juste à côté pour desservir North Vancouver et West Vancouver, et certains ne sont pas très fréquents. C'est le cas de notre bus. Au lieu d'aller comme le pékin commun au pont suspendu de Capilano, payant et très fréquenté, j'avais décidé que nous irions au parc de Lynn Canyon, plus sauvage, et où se trouve un pont suspendu pas mal, et gratuit ! Nous n'avons pas été déçus ! Notre bus (le 228 je crois) nous a fait traverser des petites banlieues tranquilles, jusqu'à nous emmener dans des zones résidentielles vallonnées où les maisons n'étaient entourées que de pelouses ou de forêts : très reposant, même si aller travailler tous les jours à Vancouver doit prendre du temps (et je n'ose pas imaginer les conditions en hiver !). Nous arrivons au terminus, le Lynn Canyon Park, une forêt très calme et enchanteresse, malgré des maisons placées pas très loin de l'entrée. C'est l'occasion de marcher un peu en forêt, de voir cascades et rivières de couleur verte parfois, et d'emprunter des chemins bien entretenues, où des marches en bois, voire des petits ponts, résistent bien à l'humidité locale.
     
    Le clou du spectacle est évidemment le pont suspendu lui-même. Tendu grâce à de gros câbles métalliques de part et d'autre, il fait environ une vingtaine de mètres de long au dessus d'une gorge profonde où coule une rivière charmante. Le spectacle est d'autant plus beau que l'on voit la rivière faire une chute dans la gorge. A vrai dire, l'équilibre sur le pont n'est pas toujours évident à trouver, surtout si un mammouth gavé de nachos depuis l'enfance vient du côté du pont où vous êtes en secouant le pont de tout son poids. Un petit, dont le centre de gravité est bas, ne risque rien. Un grand comme moi, un peu, même si des fils assez hauts existent pour se retenir. Après cette légère frayeur, nous repartons vers Lonsdale Quay, pour reprendre cette fois le bus 236 vers Grouse Mountain.
     
    Grouse Mountain, c'est la Mecque des amateurs de ski de Vancouver qui ne veulent pas aller trop loin pour skier ! C'est en effet le domaine skiable le plus proche de la ville. Il suffit d'accéder à North Vancouver, puis de rallier le téléphérique, et de se laisser remonter paresseusement en haut. Là, on a une jolie vue sur Vancouver, surtout West End, sur le Stanley Park et sur le Lions Gate Bridge ... pourvu qu'il n'y ait pas une nappe de brouillard, malheureusement fréquente. Au début de la montée, pas de souci. Mais rapidement, elle est apparue, et de plus en plus compacte. Arrivés au sommet, les photos ne rendaient plus aussi bien, clairement. Nous avons donc profité du lieu un peu snob en nous installant dans le resto bar perché qui domine la vallée. Curieusement, surtout par rapport à la France, le prix des consommations n'y est pas plus cher qu'au centre-ville de Vancouver ... Nous profitons du paysage qui commence à scintiller en bas, du cadre du lieu en bois et dont le feu réchauffe l'atmosphère. Nous sortons un peu mettre le nez dehors, mais pas très loin : même avec nos grosses chaussures de marche, on ne peut pas espérer aller bien loin dans le domaine, qui est bien enneigé malgré la date où nous sommes rendus.
     
    En redescendant par le téléphérique, le doigt nerveusement collé sur le déclencheur de nos appareils photo pour saisir d'éventuels paysages pas encore plongés dans le noir et la brume, nous entendons une petite voix nous demander si nous sommes Français. Deuxième expatriée de la journée ! Sauf que celle-là vient de passer sa journée tranquillement à skier. Tandis que nous retournons à Vancouver par le bus, puis le seabus, nous nous tapons une discute sans retenue sur tous les thèmes : l'expatriation et sa fièvre, la vie à Vancouver, les JO 2010, nos connaissances sur le Canada, la raison de notre présence sur place, la raison de sa présence ici ... C'est ainsi que nous nous retrouvons à Waterfront Station, back in Vancouver. Ayant prévu de nous faire un restaurant japonais (enfin !) conseillé dans le Lonely Planet, nous invitons la petite expatriée, Léane, à se joindre à nous. A trois, nous trouvons finalement le resto au premier étage d'un bâtiment somme toute discret de Robson Street. Comme boulevard des Italiens, il s'agit d'un japonais où les plats passent devant les clients, qui n'ont plus qu'à choisir ce qui leur plaît. Très bonne expérience que nous passons là-bas, avec le fait rigolo que les plats défilent sur des jonques qui flottent sur un rideau d'eau. Dommage que l'on voit mal les sushimen à l'oeuvre. Nous poursuivons encore nos conversations, notamment sur les présidentielles qui approchent. Léane veut se porter volontaire au consulat de Vancouver pour faire voter les Français d'ici : quel dévouement pour la Mère Patrie ! Nous apprenons également l'une des spécificités de Vancouver par rapport à d'autres villes d'Amérique du Nord : le centre-ville est très peuplé et très animé. Tout simplement parce que les habitants d'origine chinoise ont refusé qu'une voie rapide ne soit tracée au milieu de leur quartier, ce qui a empêché toute une partie des classes aisés de Vancouver d'aller s'installer dans des banlieues chics, comme ça se passe souvent ailleurs. Nous nous quittons à une heure raisonnable : l'une rejoint Kitsilano, les autres Granville Street. C'est la première fois que nous dînons le soir sans avoir fait notre sieste préalable de fin de journée, nous avons donc bien mérité notre lit. Good night !
     
     
     
    PS : pour information, j'apparais dans la première page des recherches Google lorsqu'on tape "blog Colombie Britannique". Yes ! Dans la même page s'en trouve un autre, très sympa, écrit par des personnes qui voyageaient sur leur bateau. Ils sont allés bien plus au nord de l'île que nous ... par bateau (tricheurs !). Mais leur blog mérite le coup d'oeil : http://croquepomme.over-blog.com/categorie-336841.html
     
    May 09

    Finales de conférence NHL bientôt

     
    Le verdict est rendu : quatre équipes sont encore en lice pour remporter cette année le tant prisé trophée de la NHL, la Stanley Cup.
     
    A l'ouest, se sont qualifiées :
    - les Red Wings de Détroit, numéro 1 à l'ouest lors de la saison régulière
    - les Mighty Ducks d'Anaheim, numéro 2 à l'ouest lors de la saison régulière
     
    Une finale de ce côté du continent logique donc. Cette année, pas de grosse surprise au menu. Détroit, toujours bien placé d'année en année, s'est évité cette fois une élimination prématurée, notamment en sortant en demi-finale de conférence les San José Sharks.
    De son côté, Anaheim a eu raison en 5 matches seulement des Canucks de Vancouver (snif snif !). Pourtant, hormis le premier match, tous ont été âprement discuté entre les Américains et les Canadiens, tous se sont soldés par une victoire d'un but, souvent en prolongation. Mais le réalisme a parlé, et les Vancouvérites sont ko, malgré les prestations impressionnantes de leur goal, Roberto Luongo.
     
     
    A l'est, se sont qualifiées :
    - les Sabres de Buffalo, numéro 1 à l'est lors de la saison régulière
    - les Sénateurs d'Ottawa, numéro 4 à l'ouest lors de la saison régulière
     
    Une rencontre à l'est à peine déséquilibrée, où les Sénateurs sont la petite surprise à ce niveau. En même temps, ils sont nettement dominés en 5 matches les numéros 2 de l'est, les New Jersey Devils, se vengeant un peu de la triste élimination de 2003. Ils auront encore une revanche à prendre cette année, puisqu'ils retrouveront leurs bourreaux de 2006, l'équipe de Buffalo. Ottawa, meilleure équipe de la saison régulière 2006, avait été prématurément battu suite à de nombreuses défaites crève-coueur par les Sabres.
    Aujourd'hui, l'histoire s'inversera peut-être, puisque les Sabres ont fini l'année avec 53 victoires, soit le record de la saison régulière NHL en 2007. Ces derniers viennent d'éliminer les voisins des Devils, les New York Rangers.
     
     
    Allez, chiche pour voir Ottawa représenter une nouvelle fois dignement le Canada, et aller jusqu'au bout ??
    Toutes les infos sur www.nhl.com.
     
    May 08

    A la découverte de la Colombie Britannique, J3

     
    14/03 : le soleil, aperçu hier après-midi après la pluie du matin, est là ! Granville St, Robson St, puis BC Place Stadium. Vue sur le dôme du Science World. Par Beatty St et Pender St, on a rejoint Chinatown. Visite du jardin chinois du Dr Sun Yat-Sen et tour rapide dans le quartier. Déjeuner chinois. Bus jusqu'au Stanley Park. Passage près de l'aquarium, des totems, du Lions Gate Bridge lors de la Seawall Promenade, un peu interrompue par les chutes d'arbres. Fin du parc à English Bay Beach. Retour par Davie St, pleine de restaurants. Dîner au Roxy.
     
     
    Changement de programme pour cette journée. Alors que nous aurions dû nous rendre à Whistler, nous avons décidé de rester sur Vancouver pour profiter au maximum du soleil de cette journée. Pour autant, le fond de l'air est frais, et c'est bien couvert que nous passons la journée. Cette fois-ci, après être remonté vers le nord, nous bifurquons dans Robson Street vers l'est de la ville. Nous avons ainsi le BC Place Stadium en perspective, grand stade dont le dôme se distingue à perte de vue. Sur les photos aériennes de Vancouver, c'est l'un des points les plus facilement identifiables. Le stade est le siège de différents événements, dont les matches de l'équipe locale de hockey de Vancouver qui joue en NHL, les Canucks (argot qui signifie "Canadiens").
     
    En allant vers l'est, nous passons près de différentes réalisations datant de l'Expo universelle de Vancouver 1986, dont le Science World, le La Villette local, et le métro aérien (SkyTrain). Nous rejoignons la longue rue Pender Street, qui abrite d'un côté le consulat français, et de l'autre reste l'artère principale du Chinatown de la ville. L'origine de cette population se situe à San Francisco. Les Chinois implantés là-bas ont rallié la Colombie Britannique car on manquait de main d'oeuvre pour la construction du chemin de fer entre l'est et l'ouest canadien, qui devait tirer la province de son isolement avec les provinces de l'intérieur (Québec, Ontario). Pari réussi, puisque le chemin de fer est achevé, et la Colombie Britannique rejoint la Confédération de l'époque en 1885. Les Chinois, malgré les brimades et les mauvais traitements, sont restés au Canada. Les vagues successives d'immigration asiatique, notamment après le retour de Hong Kong dans le giron chinois en 1997, valent à la ville le surnom de "Hongcouver". A noter que beaucoup de Chinois ont immigré vers une banlieue proche, appelée "Richmond". Les raisons ? La criminalité en hausse dans le quartier, et le nom attractif de cette banlieue, ressemblant fort à "Rich Man" ...
     
    Ceci étant, le quartier chinois ne m'a pas convaincu. Rien qui ne dépasse les Lucky Luke ou les images vues dans des reportages. Les rues sont modérément décorées, et ce n'est pas la porte d'entrée rutilante du quartier qui va me faire changer d'avis. Après un tour d'horizon, nous allons visiter le Dr. Sun Yat-Sen Classical Chinese Garden. Ce jardin, nommé en l'honneur de l'un des hommes qui a renversé le régime impérial en Chine, est l'oeuvre de plusieurs paysagistes chinois, qui ont reconstitué à Vancouver un jardin traditionnel chinois. C'est un petit endroit splendide, respirant la tranquillité et la sérénité, indispensable à visiter. Un pur moment de détente, dont les photos rendront bien compte de la diversité des angles de vue qu'il propose. A ne pas louper, le jardin coûte une somme modique, offre une visite optionnelle en anglais avec l'arrière grand-père de Jackie Chan (si ce n'est pas vrai, que je monte 3ème série cette année !), et des brochures en français.
     
     
    Nous déjeunons dans un petit restaurant qui ne paie pas de mine de l'extérieur, avec pour seule indication dans le guide Lonely Planet qu'il est bon, et que de son vivant, Pierre Elliott Trudeau aimait venir y manger lorsqu'il s'amenait à Vancouver. A l'intérieur, décor rustique et plafond bas. Nous pensons faire une bonne affaire, mais les prix semblent élevés. Nous choisissons du boeuf, du riz cantonais et du chop suey, à des prix raisonnables. Ce n'est que lorsque nous sommes servis que nous comprenons notre douleur : ce ne sont pas des assiettes qu'on nous apporte, mais des plats entiers ! Affamés, mais aussi voraces et détestant gaspiller, nous nous faisons un devoir de "nettoyer" tous les plats, ce qui nous vaut les félicitations du couple de petits vieux chinois, qui lui aussi se fait un devoir de remplir régulièrement nos verres d'eau (eh oui ! Au Canada, on ne connaît pas les carafes sur la table !).
     
    Nous repartons lestés convenablement du restaurant pour aller voir le Dr. Sun Yat-Sen Classical Chinese Park. Quelle différence entre le Garden et le Park ? Le Garden est payant, le Park est public et gratuit. Les deux se touchent, mais de l'un, on ne peut accéder à l'autre. Sacrés capitalistes canadiens ! Visiblement, c'était un ensemble au moment de sa construction, et au lieu de laisser l'accès gratuit au tout, ils n'ont pu s'empêcher d'en faire payer une partie, celle où se trouve le plus de bâtiments. Certes, il faut des fonds pour entretenir une telle beauté, mais dans ce cas, l'addition demandée est un peu élevée. Anyway. On remarque les endroits où la coupure a été faite entre les deux parties, ce qui n'enlève pas son charme au parc.
     
    Nous prenons le bus qui nous ramène tout à l'ouest de West End pour visiter et admirer le poumon vert de Vancouver, le Stanley Park. Monsieur Stanley était un ancien gouverneur du Canada (représentant local de la Reine d'Angleterre, toujours souveraine du Canada à l'heure actuelle), qui a inauguré et donné son nom au parc fin du XIXème début du XXème siècle. Le trophée de la NHL, la Stanley Cup, est aussi un legs du gouverneur. Nous jetons un oeil rapide à l'aquarium, puis rattrapons le front de mer. En effet, le parc est comme une presqu'île, rattaché à Vancouver d'un seul côté. De l'autre, l'homme a construit un pont, le Lions Gate Bridge, pour relier la ville à sa banlieue nord et ouest. En faisant le tour du parc, nous pouvons admirer les totems (totem poles), héritage culturel des Premières Nations, pour rappeler qu'aussi ici, les populations qui vivaient avant l'arrivée des colons étaient fortes cultivées.
     
    Nous poursuivons le tour sur la Seawall Promenade, en commençant par faire face à North Vancouver. Nous nous rapprochons du Lions Gate Bridge, mais ne pouvons passer dessous, car la Promenade a été partiellement fermée suite à de récentes chutes d'arbres. A ce moment-là, nous ne bénéficions plus de la chaleur du soleil, et comme il vente, nous avons froid. Nous ne regrettons pas de ne pas avoir loué des vélos ! Cependant, les Vancouvérites en font autour de nous, ou bien courent, avec bien peu de vêtements sur le dos. Nous revenons à l'intérieur du parc, et finissons par trouver une passerelle qui domine le pont : superbe ! Nous continuons vers un point de vue, Prospect Point, et continuons dans le parc en suivant la route automobile. Quand nous la quittons, nous utilisons un sentier de traverse abrupt, qui ô bonheur, nous emmène de nouveau au bord l'eau, sur une plage d'où l'on voit le soleil se coucher déjà. Très beau spectacle ! Nous terminons notre balade un peu fourbus, avec le soleil déclinant dans le dos, pour rallier English Bay Beach, où le Starbucks local nous aide à nous remettre. De retour dans la circulation, nous passons par Davie Street, the rue gay de la ville (où un couple de messieurs m'auraient zieuté avec grande attention !), puis Granville Street, pour dormir quelques heures à notre hôtel. Nous ressortons de nouveau plus tard pour manger au Roxy Burger, dans Granville St.
     
    May 03

    A la découverte de la Colombie Britannique, J2

     
    13/03 : après l'arrivée la veille à l'aéroport, départ du HI Central, on est remonté par Granville St. Détour par Robson Square et Sears. Bifurcation par W Hastings St jusqu'à Canada Place. Temps maussade, ciel bas, vue sur le Stanley Park, avec les hydravions qui passent. Joli chemin du Coal Harbour Seawalk jusqu'au parc. Déjeuner sur Denman St, puis visite d'un supermarché où on a trouvé des biscuits Décadents et des haricots au sirop d'érable. Marche via English Bay Beach et Sunset Beach (Park) et l'aquabus jusqu'à Granville Island. Visite de 2 galeries et du Granville Island Public Market : plein de variétés de saumon, du saumon fumé, fruits de partout dans le monde, bonnes pâtisseries, fromagerie avec des produits de chez nous. Retour maison. Céline a mangé un hamburger au Roxy Burger !
     
     
    Voilà pour le résumé de la journée. Nous sommes donc enfin partis dans la ville, sous un ciel gris. On n'a donc pas hésité à se munir de nos k-ways. Après la déception Robson Square, qui est présenté dans les guides comme un lieu super vivant dans les guides, nous passons au travers du rez-de-chaussée d'un magasin de l'une des plus grandes chaînes canadiennes, Sears. C'est un peu une sorte de Galeries Lafayette, ou de Printemps. On trouve comme chez nous le rayon parfumerie au rez-de-chaussée. Plus loin, nous tombons sur le rayon des produits pour les touristes. Et à côté du traditionnel sirop d'érable, il y a du saumon sauvage fumé du Pacifique, emballé sous vide et conservable des mois à température ambiante si on ne l'ouvre pas ! Nous remontons toujours vers le nord jusqu'à l'un des symboles de Vancouver, Canada Place. Ce grand bâtiment construit sur l'eau et ressemblant à un paquebot, est multifonctions : il accueille un hôtel, des conférences, un cinéma Imax, des parkings, une petite galerie marchande, et peut permettre à deux paquebots de s'arrimer à lui de part et d'autre pour une escale.
     
    De là, nous rejoignons le Coal Harbour Seawalk, "la promenade maritime du port à charbon". C'est une balade pavée le long de l'eau, qui relie Canada Place au parc Stanley, et qui permet de voir parmi les plus belles tours résidentielles de la ville à gauche et le nord de Vancouver de l'autre côté de l'eau sur la droite. Une très jolie promenade, qui même sans sable et sans soleil (pour cette fois-ci) reste ma préférée à Vancouver. On pouvait au début voir les bases de décollage des hydravions, pour les gens riches et pressés, et à la fin un petit port de plaisance, plein et très chic. Plutôt que de rejoindre Stanley Park, nous quittons le Seawalk pour nous engager sur Denman Street, l'une des rues les plus cotées de la ville, où nous nous arrêtons manger peu après midi. Eh oui, il faisait faim, puisque nous étions réveillés depuis 6h, décalage horaire oblige ! Nous nous sommes arrêtés dans un restaurant français, où la serveuse française a été très amicale avec nous et nous a donné pas mal d'indications sur la ville.
     
    Grand moment pour moi et baptême du feu pour Céline : la visite d'un supermarché nord-américain ! Nous avons raté le coche à New York (nous sommes passés rapidement dans l'un d'eux à la recherche d'aspirine, mais c'était bien rapide), mais cette fois, ce magasin dans Denman Street allait servir nos desseins ! Et me permettre de réactiver mes souvenirs de 2003, lorsque j'ai passé mon été au Québec. Nous rentrons à l'intérieur : que de souvenirs qui ressurgissent ! Je retrouve en Colombie Britannique la marque "President's Choice", ou "Le choix du Président", marque multi-produit, et qui fabrique de monstrueux cookies appelés "Les Décadents". Tu m'étonnes ! Vu l'apport calorique d'un seul de ces gâteaux et la taille des paquets, il y a de quoi fabriquer des patapoufs par millions ! C'est le déclin de l'empire (nord-)américain !!
     
    Je retrouve également les tourtières de la marque, spécialité québécoise qui consiste en un mélange de différentes viandes dans une tourte. Je revois une marque américaine, qui commercialise des plats frais micro-ondables directement, sans ouvrir le carton ! Il y a une tête de mamie en blanc et bleu dans l'un des coins supérieurs, si quelqu'un voit de quoi je parle. Grand choix parmi les autres plats à passer au micro-ondes, dont les mini pizzas PP, parmi les salades (macaronis ou coleslaw), parmi les viandes, les jus de fruits, avec notamment des flacons (!) de Tropicana de 3 litres et des bouteilles de Coca de 2 litres très "trapues". La glace est vendue en seaux, pas de Motta ou de Carte d'Or ici non plus ! Et ne parlons pas des yaourts, notamment de marque Danone, qu'on peut acheter en pot de 750 ml ... On arrive dans les autres rayons : choix misérables de chocolats et de fromages, comme d'hab ! Je reconnais vite les produits Kraft, notamment les sauces, et une sélection énorme de boîtes de conserves de plusieurs marques, dont pâtes avec des "meatballs", des soupes immondes et des haricots rouges au sirop d'érable ! Quand je dis "haricots", je veux dire des "beans", ou des "fèves" comme ils le traduisent là-bas. Le rayon pains et viennoiserie est pas mal grand, comme d'hab, avec comme stars diverses variétés de pains et des donuts.
     
     
    Nous nous arrachons finalement du magasin avec quelques fruits et un paquet de Décadents ("Là où il y a de la gêne, y'a pas d'plaisir !") pour finir Denman Street et rejoindre English Bay Beach. Voilà une vraie plage, qui donne sur le ponant, dans laquelle stationnent toujours au loin des cargos, carte postale immuable de cet endroit. On voit aussi la partie placée au sud de West End, où se trouvent le quartier de Kitsilano et l'université de Colombie Britannique (UBC). Nous suivons la plage avec plaisir, d'autant que le ciel s'est éclairci. Au passage, nous discutons avec un Vancouvérite, probablement immigré il n'y a pas si longtemps, qui nous donne ses "must see" à Vancouver et nous demandent nos préférences sur Paris. "Pour le jour où j'irai", ajoute-t-il. Globalement, les gens de là-bas ont toujours été très accueillants ... et bien moins frileux que les Français moyens que nous sommes !!
     
    A la fin des plages, nous traversons dans un petit bateau, l'aquabus, un bras d'océan pour rejoindre l'île entre West End et le côté où est placée UBC, Granville Island. C'est un des endroits chics de Vancouver, avec de nombreuses galeries de meubles, d'art et de bijoux. Au milieu trône le marché public, le Granville Island Public Market. Plus populaire, avec des tarifs bien plus accessibles, c'est une grande halle qui recouvre un tas de petits étals de marchands. Il y a des poissonniers, des fruitiers, des bouchers, des fromagers, des produits exotiques, et des petits restaurants pour emporter de quoi manger. Le maraîcher est très complet et parfois exotique, le fromager possède un grand choix, des fromages locaux, italiens, hollandais et français, mais j'ai bien peur que ce n'était là que des fromages pasteurisés ... Les poissonniers nous montrent que la variété des saumons du Pacifique n'est pas une légende, avec également des crustacés en masse, des crevettes grises (shrimps) et des roses (prawns) de tailles diverses. Sur un étal tenu par des Chinois, on voit même des bébêtes venues de la mer qui ne nous parle pas trop ... Nous repérons néanmoins du saumon sauvage fumé meilleur marché qu'à Sears. La boulangerie principale donne vraiment envie, c'est déjà un plaisir pour les yeux. A la fin, nous avons même un stand où on peut acheter des crêpes comme en France : incroyable !
     
    Emerveillés, mais nazes (toujours le décalage horaire), nous rentrons entre 18h et 19h à l'hôtel, où nous nous laissons tomber sur le lit pour environ 3h ! Lorsque nous nous réveillons, il est encore temps d'aller manger un morceau. Malgré la sale réputation de la région, où on force les honnêtes Parisiens à manger à la même heure que les poules, nous trouvons un resto-bar sympa, le Roxy Burger, où nous restaurer. L'endroit est très typique de la nourriture à l'américaine, et donc nous décidons de consommer local sous la forme d'un gros hamburger cerné de frites. Franchement, comme tout au long du séjour, nous trouvons que le bœuf a vraiment un goût de viande, un petit goût de grillé très agréable, que nous n'avons pas en France. Est-ce que les Canadiens élèvent mieux leur bétail ? Ou moins bien, et dans ce cas, la viande aurait ce goût tout en étant moins saine ? Ou bien rajoutent-ils un additif, un exhausteur de goût dans leur viande ?
     
    Toujours est-il que vu la portion que nous avons, nous sommes prêts à quitter rassasiés les lieux. Quand survient la douloureuse, ô surprise, ô joie ! Les boissons, les sodas que nous avons bus, ne sont pas facturés comme en France ! Vous payez pour avoir un verre de Coca entre 2,50 dollars canadiens et 3,50 $CAD selon les endroits, mais ensuite, c'est "free refill" (remplissage gratuit), "unlimited pop" (gobelet sans limite) ! Vraiment un truc fabuleux ! :) Sachant qu'un $CAD vaut les 2/3 d'un euro, et que j'ai payé 25 cl de Coca 5,20€ il n'y a pas longtemps boulevard des Italiens près de l'Opéra Garnier à Paris, vous pouvez mesurer l'écart qui existe quand même, non ?? Nous réglons la note plus les 15% de pourboire usuels et rentrons nous pieuter pour quelques heures. Burps !
     
    May 01

    A la découverte de la Colombie Britannique, J1

     
    Pour me souvenir et pour informer les amoureux des voyages et de l'Ouest Canadien en particulier, je vais revenir sur le voyage que j'ai eu la chance de faire en mars dernier dans cette partie du globe entre Rocheuses canadiennes et océan Pacifique. La Colombie Britannique est une province du Canada comme le Québec, mais celle-ci est placée tout à l'ouest du pays, et on y parle bien plus l'anglais (et le mandarin) que le français. Par contre, comme le Québec, c'est une province énorme, plus grande que la France pour une population ne dépassant pas les cinq millions d'habitants. Une fois sortis des villes, c'est donc nature, forêts, lacs et océan à perte de vue !
     
    Je vais jour après jour publier les notes sommaires que j'ai prises méticuleusement, pour les détailler en ajoutant les souvenirs que j'ai encore en mémoire et que le programme de tel ou tel jour m'inspirera. Question présentation, je ne suis pas très fort, alors merci aux lecteurs de me faire part de leurs éventuelles suggestions. Je commence directement avec la journée la moins intéressante peut-être, la première, pour laquelle je n'avais pas pris de note.
     
     
    Lundi 12 mars, j'ai décollé de Charles de Gaulle avec ma copine sur United Airlines. Les circonstances faisant, UA s'est avérée être la compagnie la plus intéressante. Direction Chicago, où après une escale d'une durée correcte, nous réembarquons pour Vancouver, la ville principale de la Colombie Britannique (British Columbia). Petit gros moment de stress pour moi, lorsque la personne qui contrôle mon passeport me dit qu'elle aurait pu m'empêcher d'entrer en territoire américain (et par là même d'interrompre brutalement mon voyage !). Motif : j'avais encore dans mon passeport un papier des douanes américaines datant de septembre dernier (voir ce blog en septembre, catégorie tennis). C'est la compagnie aérienne par laquelle je rentrais, United Airlines (tiens tiens !), qui aurait dû me prendre ce papier lorsque je rentrais vers l'Europe. Peut-être est-ce dû au fait qu'à l'époque j'ai été dérouté (Chicago-Londres, puis Londres-Paris au lieu de faire le vol Chicago-Paris pour lequel j'avais payé) qui a fait que personne de UA n'est venu me le prendre. Heureusement que la contrôleuse de passeport est une fonctionnaire plus intelligente que la moyenne, et que j'ai rasé ma barbe avant de prendre l'avion, car me voilà déjà dans le vol suivant !
     
    Après près de 5h dans un zinc plus petit que le transatlantique précédent, nous atteignons vers 20h Vancouver. Nous voyons les lumières de la ville et cela nous émeut en repensant au temps que nous avons consacré à la préparation de notre voyage : nous allons enfin le démarrer pour de bon ! Nous sommes partis de Paris le matin entre 9h et 11h, donc nous ne sommes pas fâchés de nous poser enfin. Pour info, il y a normalement 9h de décalage horaire entre Paris et Vancouver. Mais surprise, il n'y en avait que 8 ce jour-là. Et pour cause : le Canada venait de passer à l'heure d'été, tandis que l'Europe ne devait en changer que deux semaines après ! Nous passons dans un aéroport agréable et presque intégralement vide. Contrôle de passeport nettement plus relax et nous récupérons nos sacs à dos intacts. Une demi-heure de taxi avec un vieux taximan blanc bavard comme une pie, mais gentil. Rapidement, il détecte en nous des francophones, et même mieux, des Français, mais il ne peut nous causer qu'en anglais : le ton du séjour est donné !
     
    Je me débrouille tant bien que mal pour lui répondre, vu l'heure qu'il est dans nos têtes (4h du mat' passées ...). Il se plaint de la non variété des chansons que lui crache sa radio. Il me demande si je connais tel titre des Beatles, je lui dis que oui. Mais pourquoi n'entendons-nous pas de chansons françaises par exemple, me demande-t-il. Aucune idée selon moi ! Il ne semble pas connaître l'existence d'une station francophone, pas plus qu'il ne connaît les p'tites Québécoises, ou celles du Nouveau Brunswick, telles Natasha St-Pier ou la sublime Isabelle Boulay. Par contre, il connaît "Cé-line" (et son mari Réné !). Arrivée à notre Hostelling International (auberge de jeunesse). Mauvaise nouvelle, il est juste sur un pub, qui ne ferme qu'à 2h du matin. Donc jusque là, boules quiès de rigueur, ou alors réservez dans les étages les plus hauts ! Dodo bien mérité.